En bref
- Les frais de visite ne s'additionnent pas sans fin. La loi plafonne à 25 000 FCFA les frais de recherche, de visite et de dossier qu'un agent immobilier peut demander.
- Aucune avance avant d'avoir vu le logement, le bailleur, et un document qui relie l'un à l'autre.
- Lisez le nom affiché par Mobile Money avant de confirmer un paiement, et comparez-le à celui de la personne qui vous loue.
- Un reçu daté et signé pour chaque somme versée, sans exception.
- Méfiez-vous de l'urgence. « Un autre client attend » est le premier argument d'une arnaque.
Les arnaques les plus courantes
Les visites payantes qui ne mènent nulle part
Un démarcheur demande 2 000, 5 000 ou 10 000 FCFA pour chaque visite. Les logements montrés sont déjà pris, plus chers qu'annoncé ou introuvables, et il en propose toujours un autre, contre de nouveaux frais. Au bout de quelques semaines, l'addition dépasse parfois un mois de loyer.
Le décret n° 2007/1138/PM (art. 34) plafonne à 25 000 FCFA les frais de recherche, de publicité, de visite, de rédaction du bail et d'ouverture de dossier qu'un agent immobilier peut demander. Au-delà, ce n'est plus un usage, c'est un abus.
L'avance versée à quelqu'un qui n'est pas le bailleur
Un faux propriétaire, un gardien, un voisin ou un ancien locataire fait visiter un logement qu'il n'a pas le droit de louer. Il encaisse plusieurs mois d'avance, remet parfois une clé, puis disparaît. Le vrai propriétaire découvre un occupant qu'il n'a jamais vu, et l'argent est perdu.
Le même logement loué à plusieurs personnes
Plusieurs candidats versent une avance pour la même chambre ou le même studio, chacun persuadé d'être le seul. Le premier qui s'installe garde le logement. Les autres courent après leur argent.
Les photos qui ne montrent pas le vrai logement
Des photos copiées sur Facebook, sur un site étranger ou sur l'annonce d'une autre ville servent d'appât. Le prix est attractif, souvent trop. Sur place, le logement est différent, ou n'existe pas.
L'urgence et le paiement à distance
« Un autre client passe demain », « envoyez juste de quoi bloquer la chambre » : la pression pousse à payer par Mobile Money avant d'avoir visité, vers un numéro personnel. Une fois l'argent parti, le numéro ne répond plus.
L'avance démesurée
Certains intermédiaires réclament six, dix ou douze mois d'avance d'un coup. Quand des loyers sont payés d'avance entre les mains d'un agent immobilier, la loi les limite à trois mois, et le mandat doit le préciser (décret n° 2007/1138/PM, art. 36). Plus l'avance est longue, plus vous perdez si quelque chose tourne mal.
Avant de payer de la main à la main
Hors d'une plateforme qui bloque l'argent, ces vérifications sont votre seule protection.
- Rencontrez le bailleur, pas seulement l'intermédiaire. Demandez sa pièce d'identité et un document qui le relie au logement : titre foncier, bail précédent, ou facture d'électricité ou d'eau à son nom.
- Visitez en personne, de jour. Vérifiez que les clés ouvrent, que l'eau coule et que l'électricité fonctionne. Si vous pouvez, venez accompagné.
- Parlez au voisinage. Un voisin ou le gardien sait souvent si le logement est vraiment libre, et à qui il appartient.
- Lisez le nom affiché avant de valider un transfert. MTN MoMo comme Orange Money montrent le nom du titulaire du numéro au moment de confirmer. S'il ne correspond pas à la personne qui vous loue, arrêtez-vous là.
- Exigez un reçu pour chaque somme : date, montant, objet, nom et signature de la personne qui encaisse. Un refus de reçu est un signal.
- Ne payez pas un intermédiaire sans l'accord écrit du bailleur. Un agent sérieux sait dire pour qui il travaille, et à quelles conditions.
- Prenez votre temps. Un vrai bailleur accepte une visite aujourd'hui et une réponse demain.
Ce que Dada change
Dada est une plateforme de location de logements au Cameroun, construite autour de ces arnaques. Elle ne supprime pas tous les risques. Elle retire ceux qui ne tiennent qu'à la parole.
- Le bailleur est identifié avant que son annonce puisse être payée : pièce d'identité, selfie et numéro Mobile Money.
- Les photos sont prises sur place depuis l'application Dada, avec position GPS et horodatage. Une photo copiée sur internet ne passe pas.
- Votre avance est bloquée en séquestre chez un prestataire de paiement agréé. DaDa ne détient jamais votre argent.
- Vous avez 72 heures après le paiement pour visiter et vérifier le logement. L'ordre est inversé, et c'est voulu : l'adresse exacte n'est révélée qu'après le paiement, mais votre argent reste bloqué pendant la visite. Si le logement ne correspond pas, vous ouvrez un litige : le versement au bailleur est gelé, et vous pouvez être remboursé, moins les frais Mobile Money du remboursement.
- Un logement ne se réserve qu'une fois à la fois. Deux personnes ne peuvent pas payer le même logement en même temps.
- La commission de l'agent est signée avec le bailleur sur Dada, avant la location. Le locataire ne paie rien à Dada.
- Chaque photo publiée porte une référence de la forme L-XXXXXX. Vous avez vu une annonce sur WhatsApp ou Facebook ? Vérifiez-la sur Dada avant de payer qui que ce soit.
Une règle reste entre vos mains : si quelqu'un vous demande de payer hors de l'application, refusez et signalez l'annonce. Un paiement hors de Dada n'a ni séquestre, ni délai de vérification, ni recours.
Si vous avez déjà été victime
- Gardez toutes les traces : captures d'écran des échanges et de l'annonce, numéros de téléphone, reçus, historique Mobile Money.
- Contactez votre opérateur au plus vite, MTN ou Orange, pour signaler la transaction. Une opération signalée tôt a plus de chances d'être examinée, sans garantie d'annulation.
- Portez plainte au commissariat ou à la brigade de gendarmerie la plus proche, avec vos preuves.
- Prévenez les suivants : signalez l'annonce là où vous l'avez vue. Sur Dada, le signalement est confidentiel.
Ce guide informe, il ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit. Textes cités : loi n° 2001/020 du 18 décembre 2001 portant organisation de la profession d'agent immobilier, et décret n° 2007/1138/PM du 3 septembre 2007 qui en fixe les modalités d'application.